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Naila, ou le mythe de la femme noire hypersexualisée

  • Photo du rédacteur: Ema
    Ema
  • 11 mars 2021
  • 3 min de lecture

(Republication média étudiant @en_indez sur Instagram, 11/03/2021)

En tombant sur une story du compte @decolonial.voyage, le 3 Mars dernier, je découvre la BD Niala, à quelques jours de sa publication.

« Pendant féminin de Tarzan », Niala est une jeune femme noire qui vit dans la jungle aux côtés des singes. « Sa maxime (est) le plaisir […] la solution à tous les différends ». À l’époque de la colonisation, « elle profite à tous et notamment aux occidentaux » qui « grâce à (elle), peuvent s’oublier », d’après le résumé publié sur le site de la maison d’édition Glénat, il y a encore une semaine.


Résumé caricatural ou non, il heurte et met en avant une sombre réalité: l’omniprésence de la fétichisation et de l’hypersexualisation de la femme noire. Dénoncé par @décolonial.voyage, ainsi que par de nombreux internautes, on revient sur la polémique.


La fétichisation de la femme noire, c’est l’idée de lui donner des qualités excessives, ici, sexuelles qui participent à l’hypersexualiser. Ces traits issus de la période coloniale et esclavagiste, proviennent de la domination exercée par les colons occidentaux, pour soumettre toujours plus la population.

De nombreuses femmes et hommes étaient forcés à la prostitution , il étaient les proies des fantasmes de leurs agresseurs, qui exerçaient leur pouvoir en toute liberté. Cette violence entraîne les stéréotypes d’exotisme, de caractère « animal », ou « lascif » et des qualités extraordinaires…, attribués aux personnes racisés aujourd’hui.


L'exotisme, une idée largement exploitée par Paul Gauguin, artiste français (1848-1903) dont les voyages en Polynésie Française, ont influencé la peinture.

Il est aussi connu pour avoir entretenu des relations sexuelles avec des adolescentes tahitiennes, enfants d'un peuple qu'il nommait "sauvage". Aujourd'hui, il suscite la controverse et beaucoup se posent la question:


Faut-il continuer de l'exposer, sans resquestionner l'homme derrière le géni artistique ?

Renforcé par l'industrie de films pornographiques et l’imagination commune, ce sont les vestiges d’un système racialisant et raciste. Comme une soumission contemporaine, qui réduit les êtres humain à leur organes génitaux et fait allusion, par une comparaison omniprésente, à l’animal. Cette polémique dévoile une tension toujours vivace des questions raciales et des retombés de la colonisation.

La fétichisation est donc une discrimination raciste, qui est souvent négligée, car encore vue comme positive par la majorité.

Face au débat, la maison d’édition s’est expliquée et a corrigé le résumé : la version modifiée est plus claire sur sa volonté de critiquer le stéréotype par la caricature, et non de lui rendre hommage.



Quant aux planches et à l'histoire, le livre étant seulement en dédicace le 13 mars, on n'a pas eu la chance de le feuilleter pour en donner une critique complète. Mais l’ouvrage, néanmois, permet de relancer la sensibilisation au racisme ordinaire.

En 2017, le hashtag #jenesuispastanégresse partageait de nombreux témoignages de femmes victimes de la fétichisation et de la négrophilie. Aussi, le mouvement décolonialiste lutte pour sensibiliser le monde aux stéréotypes coloniaux et se bat contre les discriminations du quotidien ancrées dans le système.



Pour plus d’information sur le sujet,


Rendez-vous sur les comptes @decolonisons.nous et @decolonial.voyage, qui étudie notamment la décolonisation dans son rapport à la culture du voyage.


En lecture, Sexe, race et colonies. La domination des corps du XVᵉ à nos jours par Nicolas BANCEL, Pascal BLANCHARD, Gilles BOETSCH, Christelle TARAUD, Dominic THOMAS, qui parle du rapport entre les anciennes colonies et l'exotisme et fantasmes que leur attribue l'occident.


À regarder, « Usul. Repentance: faut-il céder aux décoloniaux? », un format court qui explique plus particulièrement les causes et les actes du mouvement décolonial.

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© 2023 PAR EMA TAVERNE DIAMIN

 
 
 
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