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Kaytranaday, une soirée engagée

  • Photo du rédacteur: Ema
    Ema
  • 26 oct. 2023
  • 3 min de lecture
Safe-place et valorisation de la culture EDM noire
Couverture d'article, Dj Kaytranada au centre, homme noir avec lunette et pull orange, avec titre "Kaytranaday, une soirée engagée"


Le 16 septembre dernier, Kaytranada, le célèbre DJ canadien, ne s’est déplacé à la Flèche d’Or, une boîte du 20ᵉ pour nous ambiancer. Les quelques confusions sur la soirée Kaytranaday créée en son hommage par la talentueuse @masiaaka et animée par la très drôle @safyafierce, n’ont pas empêché son succès. Célébrer la richesse de la culture musicale de la diaspora noire, dans un espace qui lui est dédié : mission réussie !


Dans la grande salle de la Flèche d’Or, tiers-lieu culturel et solidaire rue de Bagnolet, Masika a créé un

« espace intentionnel pour les personnes noires, afro-descendantes et queer ».

Avec les mots de @safyafierce qui rappelle les règles de bonne conduite de la soirée

« aucun comportement négrophobe, négrophile, lgbtophobe ni misogyne n’est admis »,

la soirée s’est établie consciemment comme un lieu de libération et de lutte contre les discriminations.



POURQUOI C'EST IMPORTANT ?

Car le monde de la nuit est encore trop discriminant, que ce soit à l’entrée des boîtes comme derrière les platines.


Les figures de l’EDM (Electronic Dance Music) ne sont plus très représentatifs de leurs racines noires queers qui ont fait éclore le genre dans les États-Unis des années 70. De la Warehouse de Chicago et des clubs de Détroit, la musique électronique est née dans des espaces clos où la musique libère, déchaîne, sans pauses, sans crainte du jugement. Fin des années 70, alors que le disco, le genre de la décennie, s’épuise et se gentrifie. Dans l’EDM, les communautés noires et queers y retrouvent leur place.


Pourtant, aujourd’hui, le monde de la musique électronique n’est plus noir : il n’est plus revendicatif d’une identité et séduit moins la communauté afro-descendante.



KAYTRANADA

Toutefois, Kaytranada qui rend hommage au Hip Hop, à la Funk, et au RnB, joue des limites du genre musical et plaît à un nouveau public, moins aguerri aux musiques électroniques. De son vrai nom Louis Kevin Célestin, le producteur d’origine haïtienne redonne à la musique électronique l'essence de la culture noire américaine. En gagnant deux Grammy Awards en 2021 pour Bubba, son dernier album solo, il devient le premier homme noir et gay à les rapporter dans la catégorie Meilleur Album Électronique et la Meilleure Musique Dance.


La place du dj est donc primordiale, elle était visuelle pendant Kaytranaday, autour du dj booth où un réel dialogue entre artistes et public s’était mis en place. Pour s’ambiancer, se soutenir et s’inviter à se relâcher, prendre de la place pour danser.



LE SAFE-PLACE DANS LES SOIRÉES PARISIENNES

Se sentir à l’aise et en sécurité c’est essentiel pour passer une bonne soirée. Comme la Flèche d’Or, plusieurs salles de spectacles ou soirées indépendantes développent un esprit du safe-place. Le monde de la nuit se responsabilise face aux violences encore trop courantes dans leur milieux. Certaines soirées rejettent même la mixité comme la Bringue ou la P3 toutes deux réservées aux personnes de genres féminins ou aux minorités de genre.


En janvier dernier, la Ville de Paris a créée une carte des établissements safe, approuvés par des labels qui s’engagent contre les discriminations et les violences et pour une convergences des luttes dont « Consenties », « Act Rights » et «Fêtez Clairs ».


Écoutez Kaytranada et fêtez en toute sécurité !!




Retrouvez ici la carte des boîtes safes de Paris.




Pour aller plus loin :


Sur Kaytranada :



Sur les origines de la culture house et de l’EDM :


et en podcast :


et la musique électronique en Europe :




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© 2023 PAR EMA TAVERNE DIAMIN

 
 
 
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